Lundi 25 mai
Pétrichor, tu me réconfortes,
tu me purifies.
Je prends de grandes respirations de bonheur,
en profitant de ta compagnie.
Tu fais vivre la verdure qui est désormais plus forte que jamais
et la fraîcheur que tu laisses dans l’air
me pousse à courir plus vite.
La rivière Saint-Charles après des heures de pluie
évoque le printemps.
Un passage vert entre le gris de la basse ville,
plat, facile, satisfaisant.
Véritablement douce, cette ambiance mouillée et calme
enjouée, comme une grenouille dans un étang
rajeunissante, comme une douche le matin
tant de bien, après la monotonie de l’hiver.
00:37:16
📍Duchesnay – 8km, le lundi 18 mai 2026
Il faisait froid ce matin-là,
des nuages gris menaçaient le ciel.
En quittant la ville en navette pour une p’tite course dans l’bois,
j’ai répété les mots: ne pleut pas s’il te plaît
dans ma tête.
Dans mes jambes,
à la ligne du départ,
je ressentais de l’énergie.
J’ai sauté pour me réchauffer,
prête à me lancer
et à découvrir le trail.
Silence
dans mes oreilles,
sauf les bénévoles et les spectateurs
qui nous encouragaient.
On dirait que tout s’est passé trop vite,
un mélange flou de brun et de vert.
Plouf! La boue,
autour des pieds,
mes souliers détruits,
mes bas tout mouillés.
« Argh! Oh non » et j’ai ralenti.
« Ce n’est que le début! » rit un bénévole
(Mais heureusement ce n’était pas si pire).
L’attention,
dans mes yeux
pour éviter les obstacles.
Les flaques de boue par-dessus lesquelles j’ai sauté,
racines, troncs d’arbres, petits ponts de bois,
la fille derrière moi que j’ai dépassée
et qui je ne voulais pas me battre.
L’accélération
de mon corps
en montant la côte.
La ralentissement
pour mes genoux,
en descendant.
L’arrivée au sprint
pour terminer
– La fin –
Les coureurs du printemps
Quand il fait plus de 3°C,
ils sortent leurs t-shirts et leurs shorts
pis ils traversent la ville avec confiance,
comme s’ils connaissaient les rues par cœur.
Ah, il fait beau ! Oh, quelle joie
de courir dehors
sans trop d’effort.
Les coureurs du printemps sont nombreux,
en groupe, tous seuls,
le matin, le soir.
Mais ils ne ressentent pas la même beauté
que ressentent les coureurs d’hiver.
Les coureurs d’hiver,
ils ont vaincu le froid
et le vent glacial qui frappait au visage.
Ils ont failli glisser sur la glace,
ont détruit leurs souliers dans la slush
et ont surmonté les épaisses couches de neige,
souvent inégale et donc pas idéale.
« T’es courageuse ! » m’a crié un vieux monsieur,
lorsque je montais la rue de la Chevrotière
au début d’une tempête.
C’est juste un autre jour,
je me suis dite dans ma tête.
Au moins il ne fait pas -70.
C’est donc un grand sentiment de liberté,
quand le printemps arrive,
quand la neige a fondu et la glace a disparu.
Quand je peux courir à toute vitesse,
sans peur, sans danger.
Je ne suis pas limitée aux rues déneigées,
donc je peux tourner à gauche, à droite
ici et là.
Je peux monter et descendre, explorer,
une coureuse de route revigorée.
Les coureurs du printemps
avec les coureurs d’hiver,
le rassemblement, c’est beau
mais ceux et celles qui connaissent bien les saisons
se sentent les rois et les reines du château.
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Zine (2025)



