
C’est le début de mars et avec lui arrive l’esprit du printemps. Les journées s’allongent et l’augmentation de la lumière encourage le bonheur. Il y a toujours de la neige et de la glace qui rendent la course à pied encore ennuyante, mais les trottoirs et les rues sans contraintes sont de plus en plus nombreux. On a envie de chaleur et de voir la nature qui se remet à fleurir. On commence à sortir de ce qui ressemble à une sorte d’hibernation: des mois monotones, où rester confortablement à l’intérieur est souvent plus attirant qu’explorer la ville ou voir du monde. En somme, on ressent un sentiment de renouveau.
La musique de Feu! Chatterton évoque une aventure. La voix riche du chanteur Arthur Teboul est à la fois réconfortante et poétique, les paroles sont de petits contes imaginatifs et philosophiques. Les musiciens, Clément Doumic, Sébastien Wolf, Antoine Wilson et Raphaël de Pressigny, créent une ambiance qui alternent entre drame et douceur. En l’écoutant, on a donc l’impression d’être isolés sur une île pittoresque ou transportés dans la littérature française.
Le dernier album de Feu! Chatterton, intitulé Labyrinthe, est un voyage à travers des émotions qui nous emmène vers l’espoir. La chanson Allons Voir, qui ouvre l’album, est un exemple du côté très réconfortant du groupe. Dans la musique, il arrive souvent que la deuxième chanson soit la plus puissante, la plus accrocheuse, ou celle qui représente le mieux le concept d’un album. Bien que Le Labyrinthe, la deuxième chanson, n’ait pas la même émotion que Allons Voir, elle est, en effet, une bonne représentation de l’univers actuel de Feu! Chatterton. Elle est plus dansante, énergique et elle parle du labyrinthe de la vie. C’est également une chanson qui fonctionne très bien en spectacle.

Le jeudi 5 mars, le groupe parisien est venu au Théâtre Capitole à Québec pour présenter son répertoire. C’était leur deuxième spectacle dans la province (à Montréal la veille) et l’accueil était très chaleureux, si bien que les membres étaient notamment touchés par les applaudissements vers la fin de la soirée. Le spectacle a commencé par Sous la pyramide, la dernière chanson de Labyrinthe et une pièce largement portée par l’instrumentation. Même si Arthur Teboul a parlé à la foule à plusieurs reprises, la majorité du spectacle était surtout consacrée à l’interprétation des chansons — ce qui, on peut dire, nous a donné l’occasion de vraiment nous immerger dans la musique. Pendant Allons Voir et Monde Nouveau, cependant, le groupe encourageait la participation du public, qui chantait les refrains tout seul. Vers la fin du spectacle, Arthur a sauté dans la foule pour faire du crowdsurfing.
Il y avait trois ambiances principales ce soir-là au Théâtre Capitole: le côté dansant (notamment pendant La Malinche, À l’aube, et Le Labyrinthe), le côté rassembleur (Monde Nouveau, Allons Voir, Compagnons) et l’intimité (les chansons plus mélancoliques comme Mille vagues et À cause ou grâce). Les albums de Feu! Chatterton s’accordent bien au printemps et à l’été, ce qui rendait ce spectacle idéal pour la transition vers les saisons plus lumineuses.
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Petite parenthèse: J’étais quand même fière d’être « québécoise » ce soir-là. Je ne sais pas si l’acceuil a été pareil à Montréal, mais les applaudissements de la foule et la réaction du groupe étaient très touchants. Le groupe a traversé l’Atlantique pour être ici mais, en tant que francophones, on est quand même proches.